Maher el-Assad, tombeur de Baba Amr ?

Posted on: March 03, 2012 at 0:56:37
Le benjamin de la famille Assad serait le principal maître d'oeuvre de la répression en Syrie.

Mardi, des militants syriens indiquaient que la quatrième division du 1er corps d'armée avait été dépêchée en renfort aux abords de Baba Amr, quartier rebelle de Homs bombardé par l’armée syrienne depuis début février.

Deux jours plus tard, Baba Amr tombait, l’armée régulière reprenant le contrôle du quartier alors que le colonel insoumis Riad Assaad annonçait que les hommes de son Armée syrienne libre (ASL) avaient opéré un ''repli tactique''.

A la tête de la quatrième division du 1er corps d'armée, une division alaouite, se trouve un homme dont le nom suffit à faire frémir une bonne partie de la population syrienne : Maher el-Assad. Le petit frère du président Assad, né en 1968, est également à la tête de la Garde républicaine, une troupe d’élite. Autant dire qu’en terme d’influence, surtout en ces temps de répression massive, Maher el-Assad peut se targuer d’avoir un poids conséquent.

Une influence qui s'étendrait même aux dossiers de la politique étrangère syrienne et qui, sur le plan interne, pousse plus au maintien du statu quo et de la famille à tout prix, qu’à l’ouverture et à l’écoute des revendications des contestataires syriens battant le pavé et bravant la répression depuis un an maintenant.

Maher, marié et père de deux filles, est considéré par beaucoup comme le grand maître d’œuvre de cette répression. A ce titre, son nom est couché sur les listes noires américaine, européenne et de la Ligue arabe des responsables syriens sujets à sanctions.

''A en croire les informations récoltées sur le terrain, Maher al-Assad est omniprésent et le chef d'orchestre de la répression'', affirmait, en juin dernier à l’AFP, un analyste basé à Damas sous le couvert de l'anonymat.

''C'est Maher qui contrôle la situation'', confirmait, également en juin dernier, Joshua Landis, expert de la Syrie et professeur à l'Université d'Oklahoma aux Etats-Unis.

Avant d’officier à Homs, Maher aurait maté Deraa, berceau de la contestation dans le sud de la Syrie. Deraa qui s’était soulevée, le 15 mars 2011, après l'arrestation d'enfants, emprisonnés et torturés pour avoir écrit des graffitis contre le régime. A Deraa, des manifestants avaient crié : ''Maher, tu es un lâche. Envoie tes troupe libérer le Golan''.

En mai dernier, une vidéo avait circulé sur le net montrant un homme ressemblant à Maher el-Assad, en train de tirer des gaz lacrymogènes ou des balles, sur des manifestants à Barza, en banlieue de Damas. La vidéo (ci-dessous) n’a pu être authentifiée.

Pour la plupart des spécialistes du dossier syrien, Maher est un homme violent et émotionnellement instable. Une opinion d’ailleurs émise publiquement par le Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, qui avait déclaré dans une interview télévisée en juin que Maher el-Assad ''traite (les gens) avec sauvagerie''.

Les instincts violents de Maher el-Assad ne se limiteraient pas aux opposants et à ceux qui empêchent la dictature de tourner en rond. En 1999, alors qu’Hafez officiait encore, Maher, le benjamin de la famille, aurait tiré une balle dans le ventre de son beau-frère Assef Chawkat à la suite d’une dispute au beau milieu du palais présidentiel. Chawkat s’en était sorti avec une blessure.

En 2005, le nom de Maher et celui de Chawkat étaient apparu dans un rapport préliminaire établi par les enquêteurs de l’ONU chargés du dossier de l’assassinat de l’ancien Premier ministre Rafic Hariri.

Dans la famille Assad, Maher serait donc l’exécuteur des basses œuvres. Un mauvais rôle qui aurait dû aider à asseoir, en opposition, l'image de ''réformateur'' de Bachar.

Comme un calque du partage du pouvoir entre leur père, Hafez el-Assad, et son propre frère, Rifaat, l’homme qui, à la tête des ''brigades de la défense'', est accusé d’avoir orchestré la sanglante remise au pas de Hama, théâtre d’un soulèvement des Frères musulmans en 1982. Un massacre estimé entre 10.000 et 30.000 morts.

Pour Maher, le compteur tourne toujours. Il ya quelques jours, l’ONU estimait que la répression a fait ''certainement beaucoup plus que 7.500 morts'', en grande majorité des civils, depuis le début de la contestation syrienne.
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